Pour 1 litre d’eau, nous recommandons généralement 10 à 25 g de bouillie bordelaise selon les plantes à traiter, avec un dosage standard de 12,5 g qui convient à la plupart des situations. Ce fongicide naturel autorisé en agriculture biologique nécessite une préparation soignée pour être efficace contre les maladies cryptogamiques.
Voici les points essentiels à retenir :
- Le dosage varie entre 10 et 25 g par litre selon la sensibilité des plantes
- La préparation avec de l’eau de pluie améliore l’efficacité
- L’ajout d’un agent mouillant optimise l’adhérence sur les feuilles
- Le respect des doses évite la phytotoxicité et l’accumulation de cuivre dans les sols
Qu’est-ce que la bouillie bordelaise ?
La bouillie bordelaise est un fongicide préventif composé de sulfate de cuivre et de chaux éteinte, reconnaissable à sa couleur bleue caractéristique. Nous l’utilisons depuis des années dans notre jardin à Angers car elle agit efficacement contre de nombreuses maladies fongiques tout en étant autorisée en agriculture biologique.
Son mode d’action repose sur le cuivre qui bloque la germination des spores de champignons et perturbe la respiration des bactéries pathogènes. Contrairement aux fongicides systémiques, elle agit uniquement par contact sur la surface des végétaux, d’où l’importance d’une application homogène.
Cette solution préventive combat efficacement le mildiou sur tomates et pommes de terre, la tavelure des arbres fruitiers, la cloque du pêcher, ou encore les taches noires sur rosiers. En revanche, elle reste totalement inefficace contre les insectes comme les pucerons ou les chenilles.
Pourquoi bien respecter le dosage de bouillie bordelaise ?
Le respect du dosage constitue un enjeu majeur pour l’efficacité du traitement et la préservation de l’environnement. Un sous-dosage rend le traitement inefficace, tandis qu’un surdosage peut provoquer des brûlures sur les feuilles, reconnaissables aux bordures brunâtres qui apparaissent quelques jours après l’application.
Le cuivre étant un métal lourd non biodégradable, il s’accumule dans les sols en cas d’usage excessif. Nous avons constaté dans notre jardin qu’un usage raisonné préserve la vie microbienne du sol, essentielle pour la santé de nos plantes. L’accumulation de cuivre peut aussi perturber les populations de vers de terre et d’organismes aquatiques.
La réglementation européenne limite d’ailleurs l’usage du cuivre à 4 kg par hectare et par an en agriculture biologique, soit environ 40 g pour un jardin de 100 m². Cette limitation nous encourage à n’utiliser la bouillie bordelaise qu’en cas de réel besoin, après observation de symptômes l’année précédente.
Dosage recommandé selon les plantes à traiter
| Type de plante | Dosage pour 1L | Fréquence | Période d’application |
|---|---|---|---|
| Rosiers | 12,5 g | Tous les 15 jours | Mars à octobre |
| Tomates/Pommes de terre | 20 g | Tous les 15-21 jours | Mai à septembre |
| Arbres fruitiers | 15-20 g | 2-3 fois par an | Automne, fin hiver, printemps |
| Vigne | 20-25 g | Tous les 15 jours | Avril à juillet |
| Fraisiers | 10-12 g | Mensuel | Printemps à été |
Les rosiers, particulièrement sensibles aux maladies cryptogamiques, répondent bien à un dosage modéré de 12,5 g par litre. Nous appliquons ce traitement sur nos ‘Pierre de Ronsard’ et ‘Madame Isaac Pereire’ dès la fin mars, juste après la taille.
Pour les solanacées comme les tomates, un dosage plus concentré de 20 g par litre s’avère nécessaire car le mildiou progresse rapidement par temps humide. Nous commençons les traitements dès que les plants atteignent 30 cm de hauteur, soit généralement mi-mai dans notre région angevine.
Les arbres fruitiers nécessitent des dosages variables : 15 g suffisent pour un traitement préventif d’automne, tandis que 20 g s’imposent au printemps lors du débourrement, période critique pour la contamination.
À quelle fréquence appliquer la bouillie bordelaise ?
La fréquence d’application dépend principalement des conditions météorologiques et du cycle de développement des plantes. Nous respectons généralement un intervalle de 15 jours entre deux traitements, que nous ajustons selon les précipitations.
Par temps sec et chaud, nous espaçons les applications à 21 jours, car les conditions défavorisent le développement des champignons. À l’inverse, lors de printemps pluvieux comme celui de 2024, nous maintenons un rythme de 15 jours pour assurer une protection continue.
L’observation reste notre meilleur guide : l’apparition de nouvelles pousses non protégées ou un lessivage visible après de fortes pluies nous incitent à renouveler le traitement. Nous arrêtons systématiquement les applications 15 jours avant les récoltes sur les légumes-fruits.
Pour les arbres fruitiers, trois applications annuelles suffisent généralement : une à la chute des feuilles, une après la taille hivernale, et une au débourrement. Cette stratégie préventive nous permet de limiter significativement les attaques de tavelure sur nos pommiers.
Étapes pour bien préparer la bouillie bordelaise
La préparation de la bouillie bordelaise suit un protocole précis que nous avons affiné au fil des années. Nous utilisons exclusivement de l’eau de pluie récupérée dans nos citernes, car sa faible teneur en calcaire améliore la dissolution du produit.
Voici notre méthode éprouvée pour 5 litres de bouillie :
D’abord, nous versons 4 litres d’eau de pluie dans un seau en plastique. Nous ajoutons ensuite la dose exacte de poudre (50 à 100 g selon le dosage choisi) en pluie fine tout en remuant vigoureusement avec un bâton en bois. Cette technique évite la formation de grumeaux.
Nous laissons reposer 5 minutes puis mélangeons à nouveau avant d’ajouter le litre d’eau restant. L’ajout d’une cuillère à soupe de savon noir liquide améliore l’adhérence sur les feuilles, permettant de réduire légèrement le dosage de cuivre.
Le transvasement dans le pulvérisateur s’effectue à l’aide d’un entonnoir muni d’un filtre fin pour éviter le colmatage des buses. Nous agissons énergiquement le pulvérisateur avant chaque utilisation car la bouillie a tendance à décanter.
La préparation se fait toujours le jour de l’utilisation, car la bouillie perd rapidement son efficacité une fois diluée. Nous nettoyons systématiquement le matériel à l’eau claire après usage pour éviter la corrosion.
Quand appliquer la bouillie bordelaise selon la météo et les saisons ?
Le timing d’application conditionne largement l’efficacité du traitement. Nous privilégions toujours les fins de journée ou les débuts de matinée, lorsque la rosée favorise l’adhérence du produit sur les feuilles.
Les conditions météorologiques idéales combinent un temps sec, une faible luminosité et l’absence de vent. Nous évitons absolument les applications par température supérieure à 25°C, car le risque de phytotoxicité augmente considérablement.
Au printemps, nous débutons les traitements dès que les bourgeons gonflent, généralement fin février sur nos arbres fruitiers. Cette période critique précède l’envol des spores hivernantes et offre une protection optimale pour la nouvelle végétation.
L’été demande une vigilance accrue : nous traitons préférentiellement le soir après 19 heures, lorsque la température redescend sous les 22°C. Les fortes chaleurs de juillet et août nous incitent parfois à suspendre temporairement les applications.
L’automne constitue une période clé pour les arbres fruitiers. Nous appliquons systématiquement la bouillie bordelaise à la chute des feuilles, entre novembre et décembre, pour désinfecter les plaies de taille et éliminer les formes hivernantes des champignons pathogènes.
Cette approche saisonnière, adaptée aux spécificités de notre climat océanique dégradé, nous permet de maintenir un jardin sain tout en préservant l’équilibre biologique de nos sols.

